Tendre à la pensée critique

Par Augustin Werner

08/01/2026

Selon moi, vivre sobrement peut commencer un fois qu'on fait de son mieux à penser rationnellement, penser pour soi-même, concentrer son attention pour élaborer des pensées et prendre des décisions.

Lors de ma découverte des blogs, je suis tombé sur Less Wrong, un blog participatif que je ne lis pas spécialement mais qui m'a inspiré à creuser le sujet de l'esprit critique et de la rationalité. J'ai également découvert Skeptikon, une plateforme de vidéos en ligne dédiée à la zététique (une philosophie du scepticisme qui cherche, qui examine).

Parfois, je cherche à améliorer mon esprit critique. J'aimerais vous partager le fruit de mes croyances et de mes expériences à ce sujet dans l'espoir que ça puisse vous être utile.

Tout d'abord je crois que la rationalité ne permet pas d'atteindre la vérité, mais permet de se rapprocher de la croyance qu'il n'y a pas de vérité, ou du moins que les vérités sont plurielles, complexes à définir. On peut voir ça comme une forme d'effet Dunning-Kruger de la pensée. Je ne pense pas que la pensée puisse être entièrement vraie, et quand elle est proposée comme vraie, alors j'imagine que c'est la confiance qui parle.

Par faillibilisme assumé, j'essaierai au mieux de vous dire que je crois, non pas que je sais. Ce, dans tous les articles de ce site. Je crois que la rationalité est un chemin, pas une finalité. Et je crois que les croyances son révisables, par moi-même et bien sûr par les autres.

D'ailleurs je pense qu'il est préférable que le niveau de croyance suive un niveau de preuve avec une certaine proportionnalité. Aussi, j'essaie de placer une priorité aux faits sur les préférences morales ou identitaires.

Dans l'idée de garder un esprit critique, je crois également qu'il est important de formuler des hypothèses et s'en tenir sans y adhérer émotionnellement. "C'est vrai" peut alors toujours être remplacé par "C'est l'hypothèse la plus robuste que j'ai actuellement, que je n'ai pas encore su démonter."

Par ailleurs il est préférable que ce qui affirme doive démontrer. Et même si l'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence, une preuve faible peut difficilement fonder. Il peut être avantageux de constamment chercher ce qui nous ferait changer d'avis. Toujours en essayant de ne pas tomber dans un scepticisme stérile où l'on doute de tout sans hiérarchie, ce qui mène à l'inaction. Je crois qu'il vaut mieux le doute méthodologique au doute existentiel.

Pour poursuivre sur la nécessité de mieux connaître notre manière de pensée afin de vivre plus sobrement, un jour j'écrirai en profondeur sur les biais cognitifs, qui sont des potentielles failles dans nos réflexions. Puisque nous pouvons avoir des biais (biais de confirmation, d'intentionnalité, de disponibilité, de désirabilité morale...) il peut s'avérer pratique de chercher activement des contre-arguments solides à sa propre position.

Voici un protocole que j'aime appliquer pour évaluer une idée/thèse :

Enfin, il y a des pratiques que je me vois régulièrement faire et que j'essaie de diminuer. Je peux parfois refuser toute vérité par posture et croyance déguisée, ce qui est du cynisme intellectuel et que je considère comme un piège. Aussi, parfois et pour relativiser au sujet de cet article, je pratique un rationalisme dogmatique. Or la pensée critique elle-même a des limites, est incomplète et faillible, et des incertitudes à son sujet demeurent.

A l'heure actuelle, je cultive dans mon idéal les concepts suivants, que je place en vertus.

Pour finir je vous prie de douter de ce que vous venez de lire. Je vous souhaite de vous renseigner et de penser librement.

Quels biais ont pu vous affecter en lisant ceci ? Qu'est-ce qui pourrait invalider ces idées ? Quel niveau de confiance envers les idées exposées ici serait rationnel ? Quelles hypothèses alternatives existent ? Sur quoi ces idées ont reposé factuellement ?